Travailleurs étrangers : Comment les protéger? - 24 août 2017

Chaque année, c’est un peu plus de 50 000 immigrants et 30 000 travailleurs temporaires qui arrivent au Québec. Ces travailleurs doivent être bien encadrés par les entreprises qui les recrutent, car, bien souvent, ils sont très peu sensibilisés au sujet de la santé et de la sécurité du travail (SST).

En vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), l’employeur est dans l’obligation de protéger le travailleur dans l’immédiat, de lui assurer un milieu de travail sain et sûr, tout en prenant en compte les besoins particuliers des travailleurs étrangers. Par exemple, dans le cas d’un travailleur qui est hébergé par l’employeur, celui-ci doit lui assurer l’accès à une toilette et une douche. De plus, chaque employé doit disposer d’un lit, d’une commode, etc.

Les travailleurs étrangers à l’emploi

Immigration permanente ou temporaire

Un travailleur étranger temporaire a obtenu un permis de travail, ce qui lui donne le droit de travailler légalement et de résider au pays au cours d’une période déterminée. Ce permis peut être renouvelable. Un travailleur étranger permanent s’établit, quant à lui, au Québec de façon permanente.

Que font-ils?

Selon des statistiques récoltées par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) en 2010, une forte majorité (82,5 %) des immigrants au Québec travaillent dans l’industrie des services, laquelle comprend les emplois dans des commerces, dans les soins de santé et assistance sociale, les services professionnels, scientifiques et techniques, etc. La portion restante (17,5 %) des travailleurs étrangers œuvrent dans l’industrie des biens tels que la fabrication, la construction, l’agriculture, etc.

Les nouveaux arrivants qui intègrent le marché du travail québécois sont aussi vulnérables que les jeunes travailleurs. « Les personnes immigrantes ont un pourcentage plus élevé d’accidents du travail et de maladies professionnelles, et ce, malgré une sous-déclaration des événements accidentels. Souvent, elles ne déclarent pas, ou encore leur déclaration est refusée parce qu’elle n’est pas faite correctement » déclare Pascale Chanoux, coordonnatrice des volets « Employabilité » et « Régionalisation de l’immigration » à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Les difficultés qu’ils rencontrent sont :

Comment les protéger?

Une bonne façon d’intégrer un travailleur étranger au sein d’une entreprise est de planifier efficacement son arrivée. L’employeur qui l’accueille doit être conscient que la formation decelui-ci sera plus longue qu’une personne vivant au Québec depuis plusieurs années. En effet, le travailleur étranger fait face à une panoplie de nouveautés et non seulement au travail.

Dès la première journée, l’employé étranger doit être sensibilisé à l’importance de la SST au sein de l’entreprise. Il faut l’informer sur ses droits en matière de SST, lui présenter les risques reliés à son emploi et le renseigner sur les procédures à suivre en cas de blessure.

L’étape cruciale pour protéger un travailleur étranger est la formation. L’employeur doit l’informer sur les tâches à accomplir, lui montrer les méthodes et techniques adaptées pour un travail sécuritaire et adapter ses attentes au sujet du travailleur étranger. Il est recommandé d’inciter le nouvel arrivant à poser des questions. Si possible, l’entreprise peut faciliter l’intégration du travailleur étranger en le jumelant à d’autres employés de même culture et de même langue.

L’employeur doit également superviser le travailleur étranger. Il s’avère donc nécessaire de faire un suivi régulier et d’évaluer ce dernier. Il est primordial de présenter la bonne méthode de travail. Le superviseur doit le plus possible tenter d’ouvrir le dialogue avec le travailleur étranger et l’inciter à poser des questions.

En somme, accueillir un travailleur étranger est un réel défi. Toutefois, les risques de blessures diminuent fortement lorsqu’il est bien formé et supervisé. De cette façon, tous sont gagnants! L’employeur évite des coûts et des pertes de temps occasionnés par des lésions professionnelles, et le travailleur étranger gagne en efficacité et en productivité. Plus encore, il aura une meilleure conscience du danger et des risques de son métier.

Sources :

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). « Travailleurs immigrants et SST au Québec », août 2015, [En ligne],  http://www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-890.pdf

Gouvernement du Québec. « Recrutement international », 11 mars 2016, [En ligne],   http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/employeurs/index.html

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). « Connaissez-vous vos conditions de travail au Québec? », mai 2016, [En ligne], http://www.cnesst.gouv.qc.ca/Publications/200/Documents/DC200-1583web.pdf

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). « Travailleurs immigrants et SST au Québec – État des connaissances statistiques et recension des sources de données », octobre 2015, [En ligne],  http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100841/n/travailleurs-immigrants-sst-quebec-statistiques-recension

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). « Lois et règlements correspondants », [En ligne], http://www.csst.qc.ca/lois_reglements_normes_politiques/Pages/lois_reglements_correspondants.aspx

Sabourin Guy. « Sensibiliser les travailleurs immigrants à la SST », Prévention au travail, juin 2015, [En ligne], http://preventionautravail.com/reportages/226-sensibiliser-les-travailleurs-immigrants-a-la-sst.html

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). « Formez et supervisez les travailleurs immigrants », 2016, [En ligne], http://www.cnesst.gouv.qc.ca/Publications/200/Documents/DC200_1574web.pdf

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